samedi 20 mars 2010

Prophète et Prophétie


Au-delà des rencontres superficielles,
Au-delà des accords simplistes et équivoques,
Une réflexion interreligieuse fondamentale
Chétiens, Juifs et Musulmans tiennent-ils le même langage quand ils parlent de prophète ou de prophétisme ?
Quel regard portent-ils sur le prophète des autres ?
Un débat avec:
Frère Adrien Schenker, dominicain bibliste
Marc Guedj, grand rabbin
Shady Ammane, professeur de théologie musulmane
Jeudi 25 mars 2010
20 heures

jeudi 18 mars 2010

A la découverte de la fondation Bodmer

 
Le 14 mars, la communauté a reçu M. Jacques Chamay, archéologue et organisateur d’une exposition temporaire au fameux Musée de la Fondation Bodmer, situé sur notre commune politique de Commune de Cologny Sous sa conduite et celle d’un expert, la communauté a pu découvrir et admirer les documents littéraires et d’autres objets qui constituent les racines spirituelles de l’Europe. Sourdes juives, chrétiennes ou musulmanes.
Mentionnons qu’un ouvrage (Orient - Occident) exceptionnel a été éditée aux Editions du Cerf. Notre frère Guy Bédouelle o.p. y a collaboré.

lundi 15 mars 2010

Une nouvelle synagogue à deux pas de notre couvent : Bienvenue à nos nouveaux voisins !

A dix minutes de notre Couvent Saint Dominique a été inaugurée le lundi 15 mars la nouvelle synagogue (en forme de shofar) et le centre culturel des « Juifs Libéraux » de Genève.
La Communauté juive libérale de Genève est en effet en plein essor : plus de 1200 adhérents, sans compter les enfants.  Le rabbin, François Garaï en charge de la nouvelle synagogue, est proche de notre communauté et ami de son prieur.
A l'occasion de l'inauguration de ce magnifique édifice, plusieurs représentants des autorités de Genève, si pointilleuses sur la laïcité de leur République, se sont plus à prendre la parole. L’un d’eux a même déclaré que les juifs libéraux étaient les « protestants du judaïsme » !

jeudi 4 février 2010

Retraite dans la ville : vivre le carême via Internet !

"Retraite dans la ville" : Vivez le carême avec les dominicains !

Lancée par les frères dominicains du couvent de Lille et associant des frères, sœurs et laïcs dominicains francophones des quatre coins du monde, la retraite dans la ville vous permet d'entrer dans le carême depuis votre ordinateur, ou même votre téléphone mobile.

Recevoir chaque jour un court passage des écritures commenté par un frère, participer online à la prière de la communauté, poser des questions à un dominicain, participer à des forum, bénéficier d'un accompagnement spirituel pendant tout le carême...

Retrouvez la vidéo de présentation du carême 2010 ou inscrivez vous sur le site de "Retraite dans la ville": http://www.retraitedanslaville.org

lundi 1 février 2010

Mariages interreligieux en 2010 : état des lieux


Interreligieux ou exogamiques ? Les rabbins préfèrent cette dernière expression. Ce qui expliquerait que la majorité d’entre eux refuse d’entrer en matière lorsqu’on les sollicite de bénir ce genre d’unions. Les libéraux sont plus accueillants, à condition que les enfants soient circoncis et éduqués dans le judaïsme. Une position assez semblable à celle que les Catholiques exigeaient des « couples mixtes » il y a cinquante ans !

L’islam orthodoxe continue d’interdire le mariage d’une Musulmane avec un Chrétien, à moins que ce dernier ne se convertisse à la religion du Prophète de l'Islam. Par contre, il supporte l’union d’un Musulman avec une Chrétienne, surtout si celle-ci se convertit à l’islam. Bien entendu, les enfants épouseront la religion du père.

Quant aux Bouddhistes, ils paraissent accepter tous les cas de figure, tout en souhaitant que l’amour prenne un jour la couleurs de la compassion.

Amour et religions ne font donc pas forcément bon ménage. C’est ce qu’ont appris une trentaine de personnes qui ont participé en janvier 2010 à quatre soirées organisées par la Délégation catholique à la Plateforme interreligieuse de Genève, sous la responsabilité du frère Guy Musy op.

Une question demeure posée à toutes ces traditions religieuses : comment faire le tri entre les servitudes de la coutume et les exigences de la foi ?

mardi 26 janvier 2010

Reconstruire Haïti...


Pour une aide intelligente en Haïti

Allier l'émotion à la fois si forte et inouïe et la réflexion toujours nécessaire pour rester digne et lucide en Haïti. Venir aux côtés de tous ces amis qui se battent dans l'urgence, qui doivent trouver le message et l'attitude juste dans une situation précaire. C'est aussi cela que la presse en Europe et ailleurs peut permettre en appui d'Haïti! Et tout d'abord ne pas juger ni plaquer nos solutions qui sont trop chères et trop techniques pour être efficaces dans la durée.

Peut-on parler alors « d'aide intelligente »? L'urgence repousse à plus tard la réflexion pourtant ce pays connaît de l'intérieur la résistance au malheur même si les formes de cette résistance déroutent l'étranger. Au lieu d'agir au coup par coup, il vaut mieux inverser la perspective et voir les objectifs à long terme comme construire un État de droit et mettre sur pied de vrais services publics: éducation, santé ou encore le plus possible d'auto suffisance alimentaire dans un pays de la faim.

La liste des priorités à long terme est certes longue mais on peut s'entendre sur les grandes lignes . Et si la démocratie est aussi l'apprentissage têtu de la démocratie en mouvement sur le terrain, la manière même de réaliser ces objectifs de façon démocratique, en particulier avec l'exercice de la liberté d'expression, permettra cette mise en place d'un État de droit vécu comme un Bien Commun par tout le peuple. Haïti n'a pas de ressources du sous sol et ne pourra pas de si tôt construire une tour de 800 mètres de haut! Mais l'éradication de la misère est possible dans ce qui a été appelé une pauvreté digne et conviviale. La forte culture de ce peuple ainsi que l'ouverture au monde d'une diaspora intelligente et active sont des garanties internationales pour espérer reconstruire dans cette visée.

De ces grands objectifs à long terme, découlent les objectifs à moyen terme et précisent les bons chemins de l'aide dès aujourd'hui.

De plus, il convient de bien cibler les phases de l'aide à l'heure où l'on arrête sur place les recherches dans les décombres.

Dans cet immédiat confus, nous pouvons dégager quelques points essentiels à travailler avec les forces vives d'Haïti mais aussi en réfléchissant à nos schémas d'aide et de développement.

1. Favoriser au maximum la solidarité nationale même quantitativement faible, elle est essentielle psychologiquement, affective-ment et symboliquement pour regarder l'avenir avec dignité. Le chaos de Port au Prince est le signe d'un exode rural accéléré et incontrôlé, une sorte de rupture brutale de l'équilibre capitale/province et ville/campagne. Dans l'urgence dangereuse, ne faut-il pas favoriser le retour en province de tous ceux qui ont tout à perdre à Port au Prince sans hygiène ni eau ni secours? Ceci permettrait de concentrer les secours sur les blessés et dégagerait la ville en ruine d'une pression populaire d'autant plus forte que la révolte répond à l'impuissance. La seule activité va être la survie, c'est à dire l'attente et la dépendance de l'aide alimentaire pour plusieurs mois!

Pas d'école ni d'activités économiques organisées! Pourquoi ne pas répartir l'aide alimentaire dans les villes de province qui seraient encouragées à accueillir les rescapés?

2. L'aide alimentaire a déjà détruit une bonne partie de la capacité de production agricole locale, pourquoi ne pas aider les paysans à produire et transporter dans de bonnes conditions la nourriture au plus près de la capitale en créant des marchés dans les villes moyennes? Ne peut-on pas combiner des produits d'alimentation d'urgence et des produits locaux? Haïti peut par exemple produire du riz, des haricots et du maïs et des fruits qui sauvent les enfants! Idem pour le relogement, ne faut-il pas déconcentrer les lieux de relogement provisoire pour faciliter les relations sociales?

3. Favoriser également au maximum les relations Haïti Saint Domingue et, par extension, avec la Caricom et l'ensemble des Antilles. On voit bien que la proximité des Antilles-Guyanes ou encore de la Floride crée une situation favorable et de relations mutuelles avec Haïti. Les relations à sens unique ne durent pas, les autres perdurent!

Par ailleurs, ne faut-il pas d'ores et déjà prendre pour objectifs la construction d'un réseau de santé publique et d'éducation nationale? L'exode rural a cassé toutes sortes d'initiatives qui pourraient reprendre dans l'effort de reconstruction. Par exemple au lieu de concentrer l'école à la capitale ce qui pousse les familles de province à envoyer les enfants à Port au prince, pourquoi ne pas construire dès à présent un réseau de collèges et de lycées dans les villes de province?

La tâche est immense. Elle requiert le maximum d'intelligence et de souplesse pour laisser aux forces vives d'Haïti un rôle essentiel en alliance avec l'aide internationale. L'urgence c'est de desserrer les mâchoires du piège à mort qu'est devenu Port au Prince et de penser la reconstruction globale du pays. Et déjà éviter le piège d'une aide massive qui se concentrerait uniquement sur la capitale en détruisant la solidarité haïtienne si inventive et créerait une dépendance irrémédiable.

Fr. Gilles Danroc o.p.

Pour aider les frères dominicains en Haïti, adressez vous au prieur de Genève ou retrouvez le site des frères : http://dominicains.com

dimanche 3 janvier 2010

Ethique, Foi et Vie quotidienne...


Entrer dans une démarche éthique et chercher à discerner « ce qu’il faut faire, pour bien faire ? » à partir de situations vécues ou suggérées par l’actualité: tel est le but des cinq rencontres proposées par le fr. Michel Fontaine o.p.

L’itinéraire proposé traverse les cinq mystères de la foi (la Création – l’incarnation – la croix – la résurrection – la Pentecôte) en les confrontant aux réalités de la vie quotidienne.

Notre réflexion s’appuiera sur l’Ecriture, la recherche théologique, l’enseignement de l’Eglise et l’apport des Sciences humaines.

Couvent Saint Dominique

Grange Canal 27B (Tram 12, 16, 17)

jeudi soir de 20 heures à 21h 30

04 février - 25 février - 29 - avril - 27 mai - 24 juin 2010

Nombre de personnes limité à 25 et dans la mesure du possible s’engager à participer à l’ensemble du parcours.

Renseignements :

fr. Michel Fontaine, Dominicain

tel 022 707 40 57 ou mail : m.fontaine@worldcom.ch

dimanche 27 décembre 2009

Noël à Genève


Au soir du 25 décembre, à 18 heures 30, la messe de la Nativité, célébrée par notre communauté, a dépassé toutes nos attentes. Près de 300 personnes, de tous âges et de tous horizons, remplissaient la nef de l’église paroissiale de St.Paul devenue, à cette occasion, notre église conventuelle.

L’eucharistie fut présidée par le frère Didier Boillat o.p., provincial, entouré de tous les frères de la communauté de Genève. Le prieur du couvent commenta dans son homélie un verset du prologue du quatrième évangile: “Il n’était pas la Lumière, mais le témoin de la Lumière”.

Des musiciens amis, organiste, violonistes et cantatrice interprétèrent des airs de Bach, tandis que les frères faisaient participer l’assemblée au chant du commun de la messe, sans oublier les cantiques traditionnels de la Nativité. Nous eûmes même droit à un vieux Noël fribourgeois interprété en solo par le frère Dominique Fragnière o.p., le gruyérien de la communauté.

Toute messe dite, les frères accueillirent participants, connaissances et amis dans la salle paroissiale autour d’un vin chaud préparé par les membres de la Fraternité St Dominique.

Une Noël qui fut une première dans son genre. On s’en souviendra et on en reparlera.

Fr. Guy Musy o.p. , prieur

mercredi 16 décembre 2009

Noël avec les frères dominicains : 25 décembre 18h30


“Les dominicains de Genève ne vous invitent pas cette année à passer avec eux la veillée du 24 décembre, mais à célébrer ensemble la nativité du Christ au soir du 25 décembre 2009.

Nous vous convions donc à prendre part à la célébration eucharistique en l’église St Paul ( av.St Paul 4) le 25 décembre 2009 à 18 heures 30.

La communauté sera présente non seulement autour de l’autel , mais encore pour vous accueillir fraternellement dans la salle paroissiale à l’issue de cette messe.

Nous veillerons à donner à cette célébration un air festif particulier. Des artistes musiciens vont nous y aider.”


Prieur du Couvent de Genève

vendredi 4 décembre 2009

Interdiction des minarets : le fr. Guy Musy réagit...

Minarets anticonstitutionnels

Le verdict est tombé au soir du 29 novembre : 57,5 % des citoyens et citoyennes suisses qui ont participé à un vote populaire sur l’opportunité d’introduire dans la constitution fédérale un article interdisant la construction de minarets sur le territoire helvétique ont répondu favorablement à cette initiative. Elle avait été lancée par des groupes connus pour leur xénophobie. Le résultat est affligeant pour plusieurs raisons.

Tout d’abord, il est clair que seule l’islamophobie, entretenue ouvertement par des politiciens incendiaires et irresponsables explique ce verdict populaire. L’islam assimilé au terrorisme et au mépris de la femme fait peur. L’affaire des minarets n’a servi que de détonateur pour faire exploser cette phobie. On a parlé d’un vote de l’ignorance et de l’obscurantisme.

Les partis « gouvenementaux » ont réagi avec beaucoup de mollesse contre l’initiative qu’ils condamnaient pourtant. Ils ont été plus convaincants pour s’opposer à une autre initiative populaire présentée aux électeurs ce même 29 novembre et qui proposait l’interdiction du commerce des armes.

Les responsables des Eglises chrétiennes qui s’opposèrent publiquement à l’interdiction des minarets n’ont pas été entendus, ni suivis. Bien au contraire, les régions traditionnellement catholiques ou réformées ont été les plus ardentes à soutenir l’initiative.

Par contre, toutes les villes importantes ont donné un vote négatif. Signe somme toute encourageant qui prouve que la fréquentation quotidienne des musulmans, présents dans les grandes agglomérations, détruit les préjugés. Reste à persuader la « Suisse profonde » qui éprouve encore la peur du loup, de préférence quand il n’est pas là. Vaste programme auquel doivent s’atteler maintenant chrétiens et musulmans de ce pays.

Les opposants à l’initiative vont-ils recourir à la Cour Européenne des Droits de l’Homme pour dénoncer ce nouvel article constitutionnel contraire aux droits fondamentaux de la personne (Cf. article 18 de la Charte des droits de l’Homme) ? La Suisse doit-elle s’attendre à des mesures de représailles dans les pays où l’islam est majoritaire ? Hypothèses prématurées à ce jour, mais toujours possibles.

Enfin, un rappel historique. Les catholiques suisses ont dû attendre plus de cent ans pour que les articles d’exception qui les lésaient fussent enfin retirés de la constitution fédérale. Faudra-t-il attendre un autre siècle pour que justice soit faite aux suisses musulmans ?

Fr. Guy Musy o.p. Genève, le 30 novembre 2009